Distribution : mieux comprendre le nouvel accord sur les contrats courts

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Alors que les syndicats et le patronat sont en pleines négociations avec le gouvernement pour tenter de trouver un accord sur la réforme de l’assurance chômage, et en particulier comment sanctionner les entreprises qui abuseraient du recours aux contrats courts, la grande distribution, elle, a déjà changé les règles entre la fin du mois de décembre 2018 et le début du mois de janvier 2019, discrètement, dans l’ombre choisie de la trêve des confiseurs… Pourtant, les distributeurs auraient pu s’en vanter, dans la mesure où c’est plutôt une bonne nouvelle pour les travailleurs du secteur : la Fédération du Commerce et de la Distribution a en effet accepté de signer, avec les syndicats majoritaires dans la branche, un encadrement de l’utilisation de ces contrats courts de manière à en « raisonner » l’usage.

 

« Deux accords ont en fait été trouvés, avec les syndicats qui représentent plus de 50% des salariés du secteur », explique la FCD. « D’une part pour permettre la création, sur le modèle des contrats de chantiers dans le BTP, de contrats d’opérations pour la distribution : en clair, des contrats de missions, qui prendraient fin une fois la mission achevée, mais qui sont plus simples d’utilisation que les CDD, avec peu ou pas de carence entre deux contrats, et surtout des durées modulables et adaptables selon que la mission va durer trois semaines ou trois mois ou un an. L’objectif, c’est d’éviter aux personnes recrutées en CDD d’aller pointer à pôle emploi à chaque fois qu’un contrat se termine, même si le suivant arrive quelques jours plus tard, et de simplifier la vie des recruteurs, qui devaient à chaque fois adapter leur organisation et leurs plannings, et dont les DRH s’arrachaient les cheveux sur les motifs de remplacement ou de renfort des salariés en CDI ».

 

L’autre accord, lui, permet de « privilégier les CDI intérimaires aux CDD et ainsi, de lutter contre les recours abusifs aux contrats courts et de sécuriser davantage les personnels recrutés de cette manière ». En clair, un intérimaire pour les recruteurs, mais un salarié en CDI pour les agences d’intérim. Garantie à la fois de flexibilité pour les employeurs comme de sécurité pour les personnels, le CDI intérimaire permet aux uns comme aux autres de gagner en sérénité. Une formule « gagnant gagnant » selon la FCD, qui fait travailler près de 650 000 personnes en équivalent temps plein en France, et représente 750 000 emplois. « A l’heure où la Grande-Bretagne a détruit 150 000 emplois dans la distribution en 2018, l’objectif en France c’est de continuer au contraire à recruter, de manière à la fois souple et intelligente pour les employeurs qui ont besoin d’adapter leurs offres d’emplois à leurs besoins périodiques et saisonniers, et pour les salariés qui ont besoin de pouvoir compter sur les mêmes revenus chaque mois et qui se noient sous les obligations administratives auprès de Pôle Emploi entre chaque CDD ».

 

 

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