Distributeurs : l’emploi au cœur du futur « contrat de filière »

Laisser un commentaire

Bruno Lemaire, le ministre de l’Economie et des Finances, vient d’organiser un mini sommet avec les grands acteurs de la distribution française, afin de discuter de l’avenir du secteur et du challenge que constitue le commerce sur internet. L’hôte de Bercy souhaite en effet la mise en place d’un « contrat de filière », avant fin 2018. Objectif d’ici là : échanger sur l’évolution du métier et du statut des salariés, et définir un nouveau cadre fiscal et réglementaire pour le secteur. « Il s’agit de trouver des engagements réciproques en matière d’emploi et de revitalisation des territoires, essentiellement », explique un membre de cabinet du ministère. « Il faut aussi débattre de la fiscalité, de l’environnement et de la réglementation, mais ce sont vraiment les ressources humaines et leur devenir qui guideront les discussions ».

 

Si le gouvernement souhaite avancer sur ce dossier, c’est surtout parce que « la grande distribution concerne aujourd’hui en France plus de 3 millions de salariés, et représente pas moins de 10% du PIB de la France, ce qui est considérable. Ces activités sont cruciales pour l’économie française dans son ensemble et il devient stratégique et nécessaire d’envisager leur avenir et d’y garantir les emplois, en accompagnant les changements », appuie la Fédération du Commerce Associé, contributrice des réflexions menées lors de ce chantier d’envergure. Bruno Le Maire a demandé aux grandes enseignes, mais aussi à l’ensemble des professionnels du secteur, y compris les commerçants de détail, de « lui faire des propositions rapidement sur la manière dont on peut, en France, anticiper les mutations du secteur, en particulier ses évolutions digitales, pour que la distribution reste un vivier d’emplois sur l’ensemble des territoires ».

 

Concrètement, le gouvernement souhaite aboutir à un contrat de filière du même style que celui conclu avec les constructeurs automobiles, et qui s’attarderait sur l’embauche et les formalités de recrutements, la formation des personnels, l’émergence et l’accompagnement des compétences, les accords sociaux et les conventions collectives, l’extension du travail dominical, l’environnement et la revitalisation des zones urbaines en perte de vitesse, mais aussi le développement des grandes surfaces dans certaines zones plus rurales. Il s’agirait aussi de trouver un accord pour harmoniser la fiscalité, qui n’est aujourd’hui pas du tout la même entre commerces physiques et commerce digital, pour permettre aux premiers de surmonter une concurrence devenue déloyale : « nous souhaitons notamment la disparition de certaines taxes qui ne pèsent que sur le commerce physique, comme le foncier, la Tascom, et autres impôts qui empêchent de développer l’emploi dans les magasins au profit d’internet. Nous suggérons, à la place, de créer de nouvelles taxes qui concerneraient la même chose pour tout le monde, par exemple le flux d’activité, le chiffre d’affaires ou la valeur ajoutée des entreprises, de manière à ce que tout le monde s’acquitte des mêmes obligations », explique la Fédération du Commerce et de la Distribution.

 

Pour ce qui concerne plus spécifiquement l’emploi, Bercy souhaite une vigilance particulière sur certains postes, plus touchés que d’autres par les mutations du secteur : « les caissiers et caissières font les frais des transformations digitales de la distribution, tout comme certains métiers de manutention, mais dans le même temps, il y a une pénurie des personnels dans les métiers de bouche, dans le transport de marchandises, la livraison express et dans le développement numérique. Il y a donc matière à réfléchir sur la manière dont l’emploi va continuer à évoluer en parallèle des changements économiques impulsés par les principaux acteurs de la distribution, qui doivent de leur côté s’adapter à la conjoncture et aux évolutions des demandes des clients ».

 

Le ministère des transports est confiant : « globalement, le secteur se porte très bien : il faut juste accompagner les changements pour que les personnels humains puissent suivre, et s’adapter, se former, afin de continuer à jouer un rôle dans la croissance du marché. Mais si vous regardez les chiffres de mai et juin 2018, tous les signaux sont au vert : Intermarché affiche sa onzième période de progression en continu, Leclerc retourne dans le positif, Lidl gagne des parts de marché, Géant aussi, Système U, Cora, Match et Aldi sont stables… Et pour toutes les enseignes quelles qu’elles soient, l’internet poursuit sa croissance avec 0.5% de parts de marché supplémentaires en 2 mois ».

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *