Plan de sauvegarde de la maison mère de Casino : pourquoi il ne faut pas être (trop) inquiet

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On connaît tous le groupe Casino, enseigne de la grande distribution française qui possède Monoprix, Géant, Franprix, Leader Price ou encore Naturalia et CDiscount. On connaît beaucoup moins Rallye, la maison mère, contrôlée par le PDG du groupe, Jean-Charles Naouri, et qui vient d’être placée par la justice française sous procédure de sauvegarde. Résultat : la presse économique crie au loup, et pourtant : les syndicats eux mêmes ne se disent pas très inquiets pour l’avenir des salariés de l’entreprise. On vous explique pourquoi il faut rester mesuré et attendre de voir :

 

D’abord, c’est Jean-Charles Naouri lui même qui a demandé cette procédure. La sauvegarde « n’est pas un redressement judiciaire, pas non plus une liquidation », explique l’observatoire de la grande  distribution. « C’est une mesure de protection qui peut durer de 6 à 18 mois, et qui permet simplement à une holding de prendre le temps de renégocier avec les banques le montant et les conditions de sa dette ». En l’occurrence plus de 3 milliards d’euros. Lors d’une conférence de presse et dans un communiqué de presse, le groupe Casino a rappelé que «  La société Casino a été́ informée par son actionnaire de référence, Rallye, de l’ouverture de procédures de sauvegarde concernant respectivement Rallye et ses filiales Cobivia et HMB, ainsi que les sociétés Foncière Euris, Finatis et Euris tel qu’annoncé aujourd’hui par ces sociétés. Elles ne concernent pas le Groupe Casino, ni ses activités, ni ses collaborateurs, ni la poursuite de son plan stratégique en cours d’exécution ». En clair, Rallye n’a pas perdu le contrôle de Casino et d’ailleurs, les marchés ne s’y sont pas trompés : si l’action de Rallye a perdu plus de la moitié de sa valeur en quelques heures après l’annonce du plan, celle de Casino a en revanche grimpé dans le même temps de plus de 10%.

 

Ensuite, la procédure a été confiée à deux des administrateurs judiciaires les plus réputés de France, qui vont travailler ensemble pour la première fois : Hélène Bourbouleux, « une star » dans son domaine selon tous ceux qui ont une expertise sur le sujet. Elle a géré les dossiers Pétroplus, Fagor Brandt, BFM, Jacadi, Gérard Darel, France Loisirs, Bata, Dominos Pizza, Vivarte… plus de 2000 affaires au total, avec un taux de réussite de l’ordre de l’extraordinaire, transformant des causes a priori perdues en fleurons de leur secteur. Surnommée la « madone des faillites », celle dont la devise est « il y a toujours des solutions », fera donc équipe avec Frédéric Abitbol, qui a de son côté géré les cas William Saurin, Doux, Partouche…. bref, l’entreprise est entre de bonnes mains, 4 mains.

 

Enfin, Casino emploie 220 000 collaborateurs dans le monde, 77 000 dans l’Hexagone, l’enjeu social est tel que l’enseigne sera dans tous les cas soutenue par les pouvoirs publics et ses actionnaires majoritaires. Les banques aussi devraient finir par être contraintes de suivre. La solution la plus probable et la moins douloureuse devrait être un étalement de la dette sur dix ans. Cela posé, c’est une dette structurelle qui nécessitera une vraie rigueur dans les aménagements à venir : Casino annonce d’ores et déjà la cession d’une quarantaine de magasins, mais les acheteurs intéressés sont nombreux : Leclerc, Carrefour, Amazon…

 

 

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