Les supermarchés du bio, grands pourvoyeurs d’emplois

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Les chiffres sont officiels : la filière du bio comptabilise aujourd’hui en France plus de 134 000 emplois. C’est ce que révèlent les dernières statistiques publiées par l’Agence Bio, qui estime que depuis 2013, le nombre de postes pourvus dans la grande distribution estampillée bio a été multiplié par 2 au moins : « le secteur crée des emplois, c’est une évidence, avec une très forte croissance en France d’année en année, que l’on estime à environ 15,5% chaque année depuis trois ans, sans doute plus. Le bio en France, cela représente aujourd’hui entre 6 et 10% de la surface agricole dans notre pays, et on estime que ce chiffre va encore augmenter d’ici 2019 avec plus de 40% d’exploitations en cours de certification. On pense que d’ici 2022, la surface agricole du bio représentera au moins 15% des cultures. Et plus la surface agricole utile du bio progresse, plus le marché de la distribution du bio progresse, plus l’emploi dans le bio progresse. Rien que de très logique ! ».  Aujourd’hui, plus de 17 000 entreprises d’importation, de transformation et de distribution se sont spécialisées dans le bio. D’une année à l’autre, en moyenne, leurs effectifs salariés augmentent de plus de 10%. Toujours selon l’Agence Bio, cela représente près de 44 000 ETP (équivalent temps plein), et « le secteur de l’aval, c’est-à-dire de la transformation et surtout de la distribution, est celui qui connaît la plus forte croissance grâce à l’organisation des filières ».

 

Toujours depuis 2013, sur ces 5 dernières années, l’emploi dans le secteur du bio a connu une hausse globale de 58% ! « Il y a l’agriculture mais pas seulement, tous les produits bio sont aujourd’hui portés par une forte demande des Français, cela concerne aussi le textile, l’hygiène, et même la décoration pour la maison : dans sa globalité, le marché du bio a connu une augmentation de 17% d’une année à l’autre, depuis 2017, et il représente aujourd’hui entre 8 et 9 milliards d’euros. On constate aussi que la demande explose dans les collectivités : restaurants d’entreprises, cantines scolaires, municipalités, etc… qui font progresser le marché de la distribution de gros aussi vite que le marché de la distribution de détail », estime l’Observatoire de la Production Biologique en France.

 

Les grandes et moyennes surfaces restent le premier lieu où les consommateurs viennent se fournir en bio, elles représentent aujourd’hui près de la moitié (46%) des parts de marché. Les distributeurs ont étoffé leurs offres de produits bio, et organisé une montée en gamme presque partout, quelle que soit l’enseigne, aussi bien sur les très grandes surfaces de périphéries urbaines que dans leurs points de vente de centre ville ou dans leurs points de collecte drive. Mais les distributeurs entièrement spécialisés dans le bio ne sont pas en reste : aujourd’hui, les enseignes comme Naturalia, Bio C Bon, les Coop etc… représentent plus du tiers des ventes, 36% exactement des parts de marché : « Depuis deux ans, toutes les enseignes, grande distribution généraliste comme distribution spécialisée dans le bio, mettent les bouchées doubles sur la filière et se développent rapidement sur ce créneau, parce qu’il véhicule une image de commerce sain, équitable, frais, de qualité et fiable en matière de sécurité sanitaire », poursuit l’Observatoire. Les 18% restants représentent les chiffres de la vente bio directe, sans intermédiaire entre producteurs et consommateurs. Un tel développement amène logiquement à des ouvertures de magasins, de nouvelles implantations de points de vente ou de drive 100% dédiés, des rayons mieux garnis, plus grands, plus riches de produits variés… et donc à des recrutements de personnels supplémentaires pour en assurer la gestion et prodiguer les conseils de vente aux clients.

 

La consommation de produits bio est aujourd’hui estimée à 30% de la consommation des ménages français pour les œufs, 12% pour le lait, 7% pour les légumes et les fruits frais, indique encore le rapport de l’Agence. Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture, estime que l’on est « en train de changer de dimension, en particulier sur la question de l’emploi ». Son plan « Ambition Bio » pour les 3 ans qui viennent, prévoit des investissements à hauteur de 1,1 milliard d’euros injectés dans la filière, et il a lancé une grande période de brainstorming avec tous les acteurs régionaux du bio, notamment les acteurs de la distribution. Hier, jeudi 21 juin 2018, une grande réunion du Conseil d’Orientation de l’Agence Bio a lancé les travaux. Fin de la concertation à la rentrée de septembre 2018.

 

 

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