Le secteur du jouet se restructure pour préserver l’avenir et les emplois

Laisser un commentaire

L’enseigne de jouets française, la Grande Récré, a connu des moments plus joyeux, mais après une semaine difficile, et une audience au tribunal de commerce de Paris, c’est plutôt le soulagement qui domine chez les salariés du groupe : la Financière Immobilière Bordelaise, la FIB, est désormais l’actionnaire principal de l’enseigne et soutient le plan de reprise familiale proposé par Jean-Michel Grunberg, PDG de Ludendo et fils du fondateur de la Grande Récré, en 1977, Maurice Grunberg. Le géant national et ses 2500 salariés sont donc sauvés, mieux : c’est peut-être le début d’un nouveau chapitre dans le secteur de la distribution de jouets en France, et un nouveau départ posé sur des bases revues et restructurées, pour mieux affronter les géants du net comme Amazon, principal « voleur de parts de marché » des enseignes physiques dans l’Hexagone.

 

Un soulagement aussi, à seulement trois mois des fêtes de Noêl, période cruciale pour les distributeurs de jouets. « Pour nous préparer de manière optimale, nous avons déjà plusieurs grandes lignes d’action : notre stratégie, c’est de nous concentrer sur le jouet et l’emploi en France, nous allons donc commencer par fermer nos filiales à l’étranger, au Maroc, en Belgique ou en Asie », explique un proche du PDG de Ludendo. « Nous voulons travailler la qualité, être encore plus en proximité avec nos clients, mais aussi poursuivre notre mutation sur le numérique pour devenir pleinement un distributeur omni canal. L’idée, c’est de repartir grâce à ce partenariat puissant, pour rester leader en France, passer de 10 à 15% des parts de marché, mais aussi passer de 200 à 300 magasins, à horizon 2023, avec un modèle mixte, deux tiers de franchisés et un tiers d’intégrés ».

 

Ce plan de reprise, estime l’entreprise, c’est « le maintien du respect de l’humain et de nos engagements sur l’emploi de nos collaborateurs. La Grande Récré est une très belle équipe et nous voulons que cette dimension soit préservée. Nous allons d’ailleurs développer l’emploi grâce au renforcement du numérique. Un gros réseau de magasins, des magasins de proximité, des flagships, et une présence forte sur le web : notre force va venir de ces multiples possibilités de répondre aux demandes et aux attentes du client. Les acteurs pure player du net représentent 16% du marché, avec une croissance à deux chiffres, c’est à prendre en considération, mais le secteur du jouet est aussi un domaine où le point de vente physique est indispensable, parce que c’est de rentrer dans nos boutiques qui fait rêver les enfants, parce que les grands-parents ou les acheteurs de jouets en général ont souvent une préférence pour le lieu où ils vont pouvoir regarder, toucher, tester, faire faire un beau paquet cadeau, etc… Chaque année, le jouet c’est un recommencement et l’avenir nous est absolument ouvert et favorable à condition de réussir cette mutation ».

 

Mais la mutation ne s’arrête pas là : le nouvel actionnaire majoritaire de la Grande Récré, la FIB, souhaite aussi reprendre l’autre géant du jouet, l’américain Toys’R’Us, pour sa partie filiale française : un millier de salariés sont concernés sur notre territoire. Après une audience ce mercredi 3 octobre 2018 au tribunal de commerce d’Evry, le résultat de cette course à la reprise sera connu lundi 8 octobre 2018. Sont aussi en course Pierre de Mestre, fondateur d’Orchestra, et Jellej jouets – Picwic. Dans tous les cas, les trois offres prouvent qu’il y a encore un bel avenir pour le secteur du jouet en France. Mais si c’est la FIB qui emporte le morceau, un nouveau leader du jouet à la Française pourrait naître de ces différentes opérations et faire surgir un nouveau et sérieux concurrent pour les Gafa du jouet comme Amazon.

 

Selon la FIB, le projet serait de « bâtir un grand géant français du jouet, avec des capitaux français et qui fait travailler du monde en France, et en CDI : nous avons le soutien de Bercy, car ce nouveau grand réseau de distribution de jouet en France représenterait plusieurs milliers d’emplois, des centaines de magasins, et environ un cinquième du marché en France, qui représente près de 3,5 milliards d’euros chaque année. C’est important de préserver cette part du jouet français dans l’économie nationale et de ne pas tout laisser filer dans les mains des Américains ou des Chinois… ». Mi-septembre, Toy’s’R’Us annonçait 250 licenciements, ce matin l’enseigne annonce le recrutement de 200 à 300 CDD pour les fêtes de fin d’années…. Faut-il y voir un signal positif pour l’avenir ? « Nous évitons en tout cas le sort des filiales américaines et britanniques et nous savons que, quelle que soit l’issue, les emplois seront préservés, c’est une victoire que nous devons à la motivation et à l’implication de nos salariés », indique en tout cas la direction de l’enseigne aujourd’hui.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *