Faut-il renoncer à postuler chez Auchan ? La réponse est non !

3 commentaires

A la Une de l’actualité grande distribution et retail cette semaine, la décision du groupe nordiste Auchan de mettre en vente 21 de ses grands magasins, jugés non rentables et qui fragilisent, selon le communiqué de presse de l’enseigne, « une situation économique très difficile ». Concernés, sur l’ensemble du territoire français, les quelques 700 salariés de 13 supermarchés, de quatre chronodrive, d’un hypermarchés, d’un centre logistique et de deux halles de la famille Mulliez. On savait la conjoncture compliquée depuis quelques mois pour Auchan, qui avait annoncé début 2019 une perte supérieure à un milliard d’euros pour l’année passée (lire notre article). Le groupe promettait alors de sauvegarder l’emploi, ce dont on peut désormais légitimement douter, au regard des dernières nouvelles.

 

Pour autant, la direction souhaite reclasser, explique-t-elle dans le communiqué, le maximum de salariés des sites concernés, soit sur d’autres de ses sites en propre, soit en incluant le personnel dans les contrats de cessions aux repreneurs des sites vendus. A défaut, un plan de sauvegarde de l’emploi sera mis en place. Pas très encourageant tout de même, pour les candidats à des postes proposés par ailleurs par l’enseigne, qui continue à embaucher : près de 200 offres sur notre site, par exemple ! En réalité, l’enseigne estime nécessaire, comme Carrefour d’ailleurs, de se restructurer en profondeur pour tendre vers un « nouveau modèle » à nouveau porteur d’emploi, de compétitivité et de rentabilité.

 

Première mesure plutôt symbolique : remettre l’ensemble des différents points de vente, tous formats confondus, sous la bannière Auchan, pour une meilleure lisibilité et une meilleure identification par le client des produits et services proposés. Ensuite, une fois les « foyers de pertes » identifiés, ce qui vient donc d’être fait, engager un vaste plan de réforme avec un redéploiement des investissements vers des secteurs porteurs, mieux en adéquation avec les habitudes des consommateurs depuis quelques années : courses sur internet, livraison à domicile dès tôt le matin et jusque tard le soir, y compris les week-ends et jours fériés, voire la nuit, pour mieux s’adapter aux évolutions de la société : les familles mono parentales, toujours plus nombreuses, les préférences d’achat des jeunes, l’explosion des achats via les nouvelles technologies (applis smartphones par exemple) et multiplication des partenariats stratégiques, comme Casino (pour Monoprix), Truffaut, Bio C Bon, Lavinia (alcool et spiritueux) ou Fauchon l’ont fait avec Amazon (lire notre article).

 

En clair, « le modèle de la grande distribution doit s’adapter, car il fait face à une concurrence protéiforme, et qui s’est fortement renforcée notamment sur le non alimentaire, qui prend des parts de marché de manière assez fulgurante dans des secteurs comme l’habillement, le jouet, le multimédia, l’électroménager où le numérique a dépassé les 20% de parts de marché », explique l’Observatoire Société et Consommation. « Et désormais, cela concerne aussi de plus en plus l’alimentaire, qui est le cœur de métier des grandes enseignes de la distribution. Ce qui veut dire que par rapport à des consommateurs aux comportements de plus en plus individualisés, les hypermarchés qui veulent, en quelque sorte, réunir tout le monde sous le même toit, doivent s’adapter. La société s’est complexifiée, les enseignes doivent s’adapter si elles ne veulent pas mourir et faire le pari de capter les nouvelles clientèles, qui s’évadent vers des concepts dits ‘de précision’. Passer d’un concept attrape tout, à un concept capable de satisfaire tous les types d’attentes des consommateurs, donc à la fois multiple et spécifique, qui prenne par exemple en compte les circuits courts, ce que fait d’ailleurs Auchan avec son projet de fermes Auchan près de ses grandes surfaces » (lire notre article à ce sujet).

 

Il faut aussi relativiser : Auchan met dans la balance de ce grand plan de transformation 700 emplois, ce qui semble énorme ; mais le groupe emploie 355 000 salariés au total, dont plus de 50 000 en France, plus de 12 000 dans le nord de la France. L’enseigne reste le sixième distributeur mondial, avec un chiffre d’affaires de plus de 50 milliards d’euros en 2018 et un chiffre d’affaires moyen de 142 millions d’euros par magasin dans l’Hexagone, chiffre en augmentation (+1,2% en 2018) dans les hypermarchés. Le groupe s’appuie enfin sur d’autres enseignes solides, la banque Accor, Décathlon, Leroy Merlin, Kiabi, Boulanger, Norauto, Saint Maclou ou encore Alinéa…

 

Dès lors, l’emploi va continuer à se développer dans le secteur de la grande distribution en général, et au sein du groupe Auchan en particulier, mais en privilégiant les métiers en accord avec ces nouveaux développements stratégiques : l’humain, le non gaspillage, la non surconsommation, l’ancrage sur les territoires, l’authenticité, doivent redevenir des priorités et permettre de contrecarrer une image vieillissante, qui ne fait plus rêver. Les embauches à l’avenir concerneront donc de plus en plus les métiers de la relation client, du conseil, les stands dédiés aux produits de bouches, bio, locaux, développement durable, et les enseignes vont aussi recruter pour faire fonctionner des entités plus petites, en centre-ville mais aussi dans les territoires moins urbains. Enfin, la politique de prix doit aujourd’hui tenir compte des attentes des consommateurs d’une meilleure rétribution des producteurs, en début de chaîne. Les postes dédiés à l’esthétique, à l’aménagement des points de vente, à leur ergonomie, ou encore ceux liés à la communication sont aussi de plus en pus prisés dans un secteur où l’image devient une donnée de réussite capitale.

 

Lire à ces différents sujets nos articles suivants :

Enquête annuelle « besoins en main d’œuvre » : des intentions d’embauche record

Mais également : Distribution du futur : les nouveaux rôles des salariés du retail dans les années à venir ;

Et aussi : Les nouveaux modèles de la distribution : une bonne nouvelle pour l’emploi ;

Ou encore : Magasins Auchan « sans personnel » un modèle qui peut créer de l’emploi !

 

Et puis nos enquêtes sur les métiers qui recruteront le plus en 2019 dans le retail :

Les métiers de la distribution qui recruteront le plus en 2019 (1) ;

Les métiers de la distribution qui recruteront le plus en 2019 (2) ;

Les métiers de la distribution qui recruteront le plus en 2019 (3) ;

Les métiers de la distribution qui recruteront le plus en 2019 (4)

 

Enfin, sur les métiers de bouche, les produits locaux et le bio :

Distributeurs recherchent désespérément personnels qualifiés dans les métiers de bouche ! ;

Grande distribution : le boom des produits locaux

 

 

3 réflexions au sujet de « Faut-il renoncer à postuler chez Auchan ? La réponse est non ! »

  1. Bouillon Aurélien

    Vraiment de belle parole, j’ai fait 11 ans d’auchan, la grande distri c’est fini , circuit cour et drive à privilégier

    Répondre
  2. jeff

    la grande distrib fini Mouhahahahaaaa

    elle se transforme oui, il leur suffit de se recentrer sur leurs metiers de base ceux de l’ali, d’embaucher des compétences en magasin et donc de les payer (pas des bac++ qui ne servent a rien ….) et ça ira mieux.

    c’est la meme dans les autres enseignes.

    ils peuvent si ils le veulent payer ils n’ont qu’a le faire pour attirer les bons.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *