Emploi : les chiffres à retenir pour l’année 2018

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Le ministère du travail publie ce début juillet les chiffres et les tendances clés de l’emploi pour l’année 2018 : des éléments d’analyse et une grille de lecture importants pour mieux comprendre où on en est en France, quelles évolutions majeures se dessinent et comment se positionner sur le marché du travail, que l’on soit recruteur ou demandeur.

 

Première chose importante à garder en mémoire : le dynamisme de l’emploi en France est désormais essentiellement lié au secteur privé : le secteur public, lui, recrute beaucoup moins que par le passé et entre 2016 et 2017, la baisse du nombre de créations nettes d’emploi (343 000 il y a deux ans, 183 000 l’an passé, soit quasiment une baisse de 50%) est largement lié à ce gel des recrutements et des créations de postes dans les fonctions d’Etat. Ces dernières ont même « détruit » des postes en 2018, 10 000 postes précisément, alors que les entreprises du privé, elles, ont créé 178 000 emplois nets, et n’en ont quasiment pas détruit.

 

Deuxième enseignement des dernières publications du ministère du travail : les entreprises françaises recrutent, le taux de chômage baisse (à 8,8% de la population active fin 2018, hors Mayotte). Certes, c’est 0,1% de moins seulement qu’en 2017, mais ce qui est important c’est que cela révèle une amélioration durable de la conjoncture économique : la croissance revient tout doucement en France, et les entreprises réinvestissent et réembauchent plus depuis début 2018 qu’elles ne l’avaient fait pendant toute la décennie présente, depuis la crise économique de 2008.

 

Autre bonne nouvelle : le nombre de CDI augmente, les entreprises françaises ayant anticipé la réforme de l’assurance chômage et la mise en place de bonus malus, donc de surtaxes pour celles qui seraient considérées comme ayant un recours abusifs aux contrats courts. Résultat : les recruteurs ont préféré prendre les devants et embaucher en CDI leurs meilleures recrues jusqu’alors sous contrats précaires. Elles évitent ainsi les malus et profitent même d’un bonus fiscal intéressant. Ces économies leur permettent d’investir plus, donc d’embaucher à nouveau etc… à l’inverse, les contrats aidés sont en baisse : ils ont diminué de près de 8% en France en 2018 par rapport à 2017, et en 2019 ils ne devraient plus concerner qu’un million de personnes, voire moins.

 

Le chiffre le plus positif à retenir est enfin peut être celui là : jamais depuis 1980 en France le taux d’emploi des 15-64 ans n’avait été aussi bon : plus de 66%, un record donc depuis quasiment 40 ans, avec une hausse de 0,4% entre 2017 et 2018. La très bonne nouvelle, c’est que ce soit d’emploi concerne désormais un tiers des 15/24 ans, longtemps les plus touchés par un fort taux de chômage. Et plus de 80% des 25/49 ans. L’emploi a enfin augmenté en 2018 chez les seniors (50/64 ans), autre catégorie d’âge souvent touchée par le chômage de longue durée : l’an dernier, plus de 6 personnes sur 10 avaient un emploi dans cette catégorie, du jamais vu depuis la crise de 2008.

 

 

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