Auchan : très mauvais résultats pour 2018, mais l’enseigne promet de sauvegarder l’emploi

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Ce vendredi 8 mars 2019, le groupe nordiste de grande distribution Auchan a annoncé ses résultats pour l’année 2018, et ils sont très, très mauvais : l’enseigne a enregistré l’an dernier des pertes abyssales, 1,145 milliard d’euros. La direction annonce donc à son tour, deux ans après Carrefour, un vaste plan de redressement, mais promet en priorité de sauvegarder l’emploi.

 

 

Ces pertes représentent en effet une part importante du chiffre d’affaires de la marque au rouge gorge, plus de 3% : « c’est beaucoup, mais ce n’est pas désespéré », analyse un chercheur du CNRS au Laboratoire d’économétrie de l’École polytechnique et au Laboratoire d’économie industrielle du CREST. « Cela nécessite à tout le moins une grande remise en question du modèle actuel, comme l’a d’ailleurs aussi fait la concurrence, Carrefour, Casino, et d’autres. Les consommateurs de 2018 et 2019 n’ont plus le réflexe des courses en hypermarchés comme cela était encore le cas il y a 5 ans. Avec la déferlante Amazon, qui oblige chacun a entrer dans une cours effrénée à la logistique la plus rapide, la plus efficace et la moins cher, le système est devenu impitoyable. Il y a aussi eu le mouvement des gilets jaunes, dévastateur pour les grandes enseignes de la distribution, qui ont assisté, impuissantes, aux blocages des rocades d’accès à leurs magasins depuis bientôt 4 mois, et à des consommateurs devenus craintifs après les violences qui ont émaillé les samedis de manifestations ».

 

Il y aura donc, en 2019 et vraisemblablement les années suivantes, « des arbitrages et des renoncements », selon l’enseigne de la famille Mulliez. Qui promet d’identifier les « foyers de pertes sans a priori », puis de « réformer pour redresser, selon le principe de réalité ». Première mesure prise, dès l’annonce des résultats de 2018 : un gel des investissements du groupe à hauteur de 50%, pour pouvoir d’ores et déjà dégager les quelques dizaines de millions d’euros nécessaires aux audits et au plan de redressement qui seront établis. « Mais aucune réduction de personnel n’est prévue », a tenu à rassurer la direction du groupe : les autres enseignes de la famille Mulliez, par exemple Décathlon, Kiabi, Nauroto, Kiloutou… permettront si besoin de maintenir les emplois au sein de la famille nordiste.

 

Comme ses concurrents, l’enseigne Auchan va devoir tabler sur autre chose que les prix bas, et séduire avec les services qui ont la côte désormais : la livraison en deux heures maximum, gratuite ou à moins de 5€, le drive, les courses faciles sur internet ou avec des applis pour smartphone. Ce qui impliquera, au-delà du maintien de l’emploi existant, des embauches dans les métiers du numérique et de la logistique, pour pouvoir réussir cette mue vers le modèle d’hypermarchés du milieu du 21e siècle et non plus vers le modèle classique de la fin du 20ème

 

 

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