Monoprix (Casino) mise sur l’e-commerce et rachète le chausseur Sarenza

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S’allier pour devenir plus forts ensemble : voilà la stratégie de Monoprix, l’enseigne du groupe Casino, qui rachète aujourd’hui Sarenza, la petite start-up parisienne lancée en septembre 2005, et devenue un monstre du e-commerce. La société valait 3 millions d’euros en 2007, elle affiche 250 millions d’euros de chiffre d’affaires un peu plus de 10 ans plus tard, loin devant son grand rival Spartoo, mais derrière Zalando, un groupe allemand qui se porte plutôt bien avec 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et plus loin encore derrière Amazon et sa filiale Zappos, qui caracole en tête des marchands de chaussures en ligne, avec un CA de 22 milliards d’euros !

 

Comme Spartoo qui a racheté André il y a peu (lire notre article), comme Amazon a racheté cette été plus de 13 milliards d’euros une chaîne américaine de magasins bio, la stratégie du « phygital » se confirme dans le secteur de la distribution : l’alliance du commerce physique et de la vente en ligne, pour survivre et se développer. Monoprix, Spartoo, ne sont pas les seuls, d’ailleurs, à miser sur une alliance boutique / internet : le groupe Carrefour a acquis une partie du site showroomprivé.com, les Galeries Lafayette ont investi dans la Redoute… une manière de résister à ceux qu’on appelle les GAFAs : Google Apple Facebook Amazon. Dans un tweet amer, Stéphane Trepoz, l’homme qui a redressé Sarenza en 2007, et qui en a fait pendant une décennie l’une des entreprises françaises les plus efficaces (voir notre article), avoue son impuissance face à ces machines de guerre que sont les GAFAs : « On s’est battus seuls face au pouvoir des GAFAs mais c’est un combat déséquilibré. On sera plus forts pour innover ensemble. Une obsession pour ces deux belles enseignes françaises : la satisfaction des clients ! ».

 

Ainsi, Monoprix espère avec ce rachat profiter du trafic généré par le site Sarenza : le chausseur attire près de 2,3 millions de visiteur chaque mois sur la toile. En contrepartie, les commandes passées sur internet pourraient être livrées directement dans les 800 magasins Monoprix, une nouvelle stratégie pour séduire les clients qui veulent pouvoir essayer physiquement, avant d’acheter, et qui sont rassurés par le fait de pouvoir récupérer leurs colis en même temps qu’ils font leurs courses. Une stratégie « gagnant-gagnant » nécessaire, si l’on en croit les spécialistes de la consommation : « les e-commerçants ont compris que pour être rentables, ils avaient besoin des magasins, et les magasins ont compris que pour préparer leur avenir, ils ont besoin de l’e-commerce », analyse ainsi le CECOD, Centre d’Etudes sur la Commercialisation et la Distribution. « Le maillage des deux définit aujourd’hui véritablement le commerce de demain. Présent partout en France, Monoprix espère devenir leader des commerces de centre-ville en s’alliant à Sarenza. La tendance à ce type d’alliance s’explique aussi par le fait que le marché de la mode est de plus en plus concentré, il faut se diversifier en matière d’offre, faire du vêtement et pas seulement de la chaussure, ou encore de la petite décoration, de l’électroménager, des collections éphémères en partenariat avec des créateurs pour la mode ou des designers célèbres pour la maison, comme le fait Monoprix depuis plusieurs années déjà et qui fonctionne à merveille. L’enseigne du groupe Casino va apporter à la marque française de vente de chaussures en ligne cette diversification-là, désormais réclamée par les consommateurs, qui en quelques clics et un seul paiement font en ligne leurs courses dans tous les domaines de leur vie quotidienne. Sarenza connaît aujourd’hui la même problématique que d’autres chausseurs plus anciens et spécialisés dans la vente physique, Bata, ou André par exemple. D’ailleurs, si Zalando n’a pas encore été racheté, c’est justement parce qu’il a pris les devants et qu’il a su se diversifier avant d’aller mal ».

 

 

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