Kingfisher : quel avenir pour les salariés de Castorama et Brico Dépôt en France ?

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Le groupe vient de l’annoncer, ce 20 mars 2019 au matin : 9 Castorama et 2 Brico Dépôt vont fermer en France. Principale motif de cette décision : l’impact économique désormais trop difficile à résorber, du mouvement des gilets jaunes depuis 18 semaines maintenant. Mais aussi, un nécessaire plan de réajustement des deux enseignes par rapport à la concurrence, désormais globalement moins chère. La fréquentation des magasins a aussi souffert de cette différence de prix. Le groupe britannique, spécialisé dans le bricolage, veut donc se réorganiser : d’abord, avec une nouvelle direction, la directrice générale du groupe en France quittant ses fonctions pour être remplacée lorsque son successeur aura été trouvé et désigné, ce qui semble être en cours.

 

« L’idée, c’est une réorganisation globale qui nous permette de revenir sur le marché avec une offre qualité prix plus concurrentielle, des magasins plus attractifs, et une meilleure efficacité logistique », explique un cadre au siège du groupe en France, à Templemars dans le Nord. « Il va y avoir des suppressions de postes dans les magasins puisqu’au total, nous pensons fermer une quinzaine d’entités d’ici 3 ans, ceux qui ont une rentabilité jugée insuffisante chez Castorama et chez Brico Dépôt, ce qui représente environ 450 personnes. Mais dans le même temps, nous voulons réorganiser en profondeur notre supply chain pour une logistique à la fois plus rentable et plus efficace, il y aura donc des reconversions et des embauches à ce niveau là ».

 

Au siège du groupe à Londres, on explique que « le redressement de Castorama est aujourd’hui une priorité pour Kingfisher. Aujourd’hui, on estime qu’environ 130 personnes au moins auront une possibilité de reconversion assurée au sein du groupe ». Mais les syndicats dénoncent aussi le projet de délocalisation des activités comptables en Pologne, qui coûteraient leur poste à une soixantaine de salariés des services administratifs en France. Au total, l’enseigne anglaise compte plus de 20 000 salariés en France, qui travaillent dans 224 magasins (102 Castorama et 122 Brico dépôt). Et parmi les éléments rassurants à prendre en compte, les experts pointent plusieurs informations importantes : « avec le Brexit, d’abord, l’entreprise britannique pourrait choisir de délocaliser beaucoup de ses activités pour l’instant installées au Royaume-Uni vers la France, qui est son autre plaque tournante », explique un observateur de la commission des affaires économiques  européennes à Bruxelles.

 

« Ensuite, Kingfisher a annoncé cette année que le groupe voulait quitter trois pays, la Russie, l’Espagne et le Portugal, justement pour se consacrer à ses activités en France et reconcentrer à la fois la stratégie et les moyens sur Castorama et Brico Dépôt, ce qui signifie que l’enseigne place beaucoup d’espoirs sur le marché français et que si, comme elle le dit, il s’effectue bien un retournement de la conjoncture et de ses résultats en 2019, elle pourrait ensuite à nouveau embaucher et développer son réseau de magasins dans l’Hexagone à partir de 2022. Enfin, le groupe annonce des investissements importants sur la partie numérique de ses activités, encore très peu développée, et c’est aussi cela qui lui crée du tort : là où ses principaux concurrents ont largement étoffé leurs sites internet et où la vente en ligne a pour eux décollé, les sites de Castorama et de Brico Dépôt sont très en dessous avec une très faible rentabilité, alors que c’est une source exponentielle d’activité et de revenus. Il faut donc s’attendre à ce que Kingfisher recrute aussi beaucoup dans les années qui viennent pour pourvoir des postes spécialisés dans le retail en ligne », conclut l’association européenne du commerce électronique.

 

 

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