Managers : pourquoi et comment challenger vos équipes (après la polémique Monoprix)

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Après la fausse polémique lancée sur Twitter par une internaute choquée par un concours d’équipe organisé dans un magasin Monoprix de la région parisienne, (les clients devaient voter pour leur équipe préférée, les bleus, les rouges, les verts et les gris, une initiative prise par la direction du site pour améliorer la satisfaction client, en accord avec les membres du personnel), nous avons demandé l’avis de plusieurs spécialistes des Ressources Humaines et de la performance en entreprise, sur la question suivante : pourquoi il faut challenger ses équipes, et comment le faire dans le respect des personnes et du droit du travail. Voici leurs réponses.

 

Pour le syndicat professionnel des métiers du coaching, «  des actions simples et efficaces imaginées par les managers peuvent réellement redynamiser l’investissement personnel de chaque salarié au jour le jour dans l’entreprise, a fortiori dans le retail où cela peut totalement changer la relation client et donc son appréciation sur son expérience d’achat. Cette initiative d’un magasin Monoprix, si elle est réalisée de manière ludique et avec la participation joyeuse des équipes comme semble l’expliquer la direction, est intéressante parce qu’il n’y a pas de récompense financière, la gratification est symbolique : le respect et l’estime des clients et des autres membres du personnel. C’est un levier de motivation très puissant et qui stimule aussi les envies d’évolution de carrière des salariés ».

 

Du côté de l’Observatoire des pratiques des Entrepreneurs et des Entreprises, on estime que « l’engagement des troupes dans des challenges amusants, avec comme ici un décor, c’est à dire des couleurs pour les équipes et des jetons comme pour une partie de Monopoly ou un loto, c’est convivial et cela transforme le travail en plaisir et les missions du quotidien en manches à gagner, c’est plaisant pour le personnel, tous les retours d’expériences que nous avons le montrent. Les salariés ne sent pas du tout engagés contre leur gré dans un jeu de survie qui met en jeu leur emploi ou leur salaire comme des utilisateurs de Twitter ont essayé de le faire croire, ou dans une course à la délation ! Quand on demande au client de voter pour le meilleur, c’est du langage positif, ça ne veut surtout pas dire que les autres équipes sont mauvaises, juste les deuxième meilleure, troisième meilleure et quatrième meilleure ! Avec un bonus d’estime pour chacune et un collectif redynamisé ».

 

Pour les économistes du Centre Auguste et Léon Walras, à l’université Lumière Lyon 2, notamment spécialisé dans le développement de l’efficacité et de la performance en entreprise, et l’économie et la gestion des ressources humaines, « tout ce qui peut permettre aux salariés de travailler dans une dimension festive est constructif et donne du rythme et de l’envie dans le travail, parce que cela casse la routine et les gestes machinaux. Quand on est challengé (avec humanité et bienveillance cela va de soi), on ne sourit pas pareil au client, on met une ardeur différente à la tâche, et on y prend du plaisir : cela stimule des endorphines comme un bon running le dimanche matin, ou l’ascension d’un sommet en montagne ! Cela crée aussi des rituels, cela réchauffe l’ambiance et cela solidifie les relations entre collègues ».

 

Enfin, pour l’Institut du Commerce, « ce genre de concours permet aussi de sortir du sérieux souvent sacralisé à l’extrême en entreprise, notamment pour les salariés de la vente. On s’est aperçu que quand on leur permet de lâcher la bride, de s’amuser, de pratiquer l’autodérision sur leur lieu de travail, ils étaient finalement souvent bien plus performants et appliqués dans leurs missions qu’en leur mettant sur les épaules la pression d’objectifs trop rigoristes. La carotte marche mieux que le bâton, c’est connu, et on est tous humains ! Gagner un défi, un concours, c’est toujours plus motivant que de perdre un pourcentage de part variable! Ce type de challenge pousse souvent les équipes à travailler mieux et avec davantage de cœur : certaines études montrent même que des salariés vont être prêts à faire des heures sup pour relever un défi comme celui là, tout en en tirant une satisfaction personnelle supérieure à celle qu’ils tirent de leur travail les journées plus classiques ».

 

 

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