Les nouveaux modèles de la distribution : une bonne nouvelle pour l’emploi

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Des années que l’on crie au loup, à la fin de l’emploi dans les supermarchés, et dans la grande distribution en général : pourtant, le développement de nouveaux modèles de magasins semble dire tout le contraire. Aujourd’hui, la bataille est rude entre les différentes enseignes, et c’est à celle qui innovera en matière de flexibilité, d’horaires, de nouveaux services. Résultats : même si l’emploi qui se développe n’est pas forcément aux caisses, des dizaines de postes s’ouvrent pour répondre aux besoins de main d’œuvre et alimenter ces nouveaux services, faire tourner ces nouveaux points de vente, parfois de jour comme de nuit, et le cercle est vertueux : les clients sont au rendez-vous, le chiffre d’affaires grimpe, l’enseigne recrute.

 

Pour preuve, quelques exemples : celui de Leclerc, Auchan, Carrefour, Casino, qui investissent aujourd’hui dans le cœur des centres villes, alors que leur pré carré était jusqu’à présent les périphéries. Ils s’implantent, en ce moment – et c’est loin d’être fini – dans les rues parisiennes les plus chères, parfois plusieurs enseignes différentes sur seulement quelques mètres carrés de trottoir. Les espaces de vente n’ont évidemment rien à voir avec les hectares d’hypermarchés que l’on peut connaître en zone commerciale de banlieue, mais ils sont suffisamment vastes pour répondre parfaitement aux besoins des citadins : les mêmes prix qu’en hyper, mais à deux pas de chez soi, en bas de son immeuble. Parmi les concepts novateurs, des courses sur internet et des retraits en magasins au cœur des arrondissements des plus grandes villes de France, là où pourtant le mètre carré est onéreux et la place restreinte. Mais les distributeurs font preuve d’imagination et réinvestissent des locaux d’anciens bureaux, des sous-sol d’immeubles, des garages. De gros travaux et un certain budget de départ, mais une vraie rentabilité. Car les habitants des villes sont très demandeurs, et en rêvaient depuis déjà longtemps : faire le plein sans avoir à sortir la voiture et à prendre le périphérique pour affronter les heures de bouchon du samedi.

 

A chaque nouveau magasin, des créations d’emplois. Préparateurs de commandes, livreurs, responsables clientèle et gestionnaires de stocks pour les points de retraits Leclerc : le client passe sa commande sur internet, il faut recruter des administrateurs de site, des informaticiens, des webmasters ; il faut aussi recruter du personnel pour aller chercher en rayonnages les produits commandés et les amener en réserve, où il faudra recruter un préparateur de commande puis un livreur pour amener les courses ainsi faites à distance au point de collecte ; et il faudra quelqu’un pour remettre le tout au consommateur final. De plus en plus d’enseignes comme celles du groupe Casino, proposent aussi des magasins ouverts jours et nuit, sans la moindre pause, 7 jours par semaine et 24 heures par jour : même si la clientèle paye aux caisses automatiques, entre 22 heures et 8 heures du matin, il faut bien du personnel pour l’assister en cas de panne ou de problème. Il faut des vigiles pour surveiller que tout se passe bien, 3 en moyenne par nuit sur un magasin. Il faut du monde en journée pour préparer en amont la vacation de nuit, gérer les stocks, s’assurer qu’il y aura tout ce qu’il faut en rayon, planifier les rotations…

 

Car il y a foule, mine de rien, dans les magasins, la nuit ! Selon le groupe de Jean-Charles Naouri, environ 300 personnes par magasin dans les centres-ville des grandes métropoles de France comme Paris, Lyon ou Marseille, entre 21 heures le soir et 9 heures du matin. Des noctambules qui viennent faire des courses d’appoint, mais pas que : certaines n’hésitent pas à faire un vrai plein, pour plus de 100 € d’achat, à 3 heures du matin ! Insomniaques, ou désireux d’éviter la cohue sans stresser, ils représentent un réel enjeu de développement pour les enseignes, car ils sont nombreux, beaucoup plus qu’on ne le pense, les consommateurs qui voudraient pouvoir faire leurs courses absolument quand ça leur chante, sans horaires ouvrés particuliers.

 

Il y a enfin les enseignes qui, pour se démarquer de la concurrence, proposent de nouveaux services, au-delà des horaires illimités : retrait dans des box réfrigérées à votre nom, façon boîte postale mais en version fruits et légumes. Vous faites vos courses sur internet et vous récupérez le colis en fin de journée ; il y a aussi les enseignes qui ont élargi leurs services au courrier, retrait et dépôt de lettre recommandées et de colis.

Là aussi, forcément, il faut du personnel derrière pour assurer les nouvelles offres et accueillir, conseiller, servir le client. Car si ce dernier est avide de nouvelles possibilités, de nouvelles prestations, de concepts innovants, il reste attaché au relationnel, à la qualité du service, à l’expérience d’achat qui doit être parfaite…. Et ça, ça ne peut pas passer par la robotique et l’automatisation. Rien qu’à Paris, près de 500 nouveaux magasins ont vu le jour en dix ans, en plein centre de la capitale. En France, les cœurs de ville ont vu fleurir près de 3000 nouveaux magasins installés par les grandes enseignes en quelques années. A chaque fois, des dizaines, des centaines de postes ont été créés.

 

 

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