Le reconditionnement, un marché en plein essor : l’avenir de la distribution en France ?

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C’est ce qu’on appelle une démarche à la fois économique et écologique : acheter des produits reconditionnés. Pas encore un réflexe chez la majorité des consommateurs, c’est clair…. Mais un marché pourtant en plein essor, qui embauche et dont la croissance insolente reflète bien l’évolution des modes de consommation et l’envie des acheteurs de freiner sur le compulsif, pour intégrer à leurs modes de vie des actes à la fois citoyens, écolofriendly et meilleur marché. Acheter reconditionné, cela veut dire quoi ?

 

« C’est bien plus qu’un achat d’occasion classique, car ce n’est pas du seconde main, ce sont réellement des produits remis à neuf dans des entreprises spécialisées », explique un membre du staff de la Secrétaire d’Etat à la Transition Ecologique Brune Poirson, qui vient de présenter son projet de loi contre le gaspillage en France. « C’est un achat responsable, qui permet d’obtenir des prix défiant toute concurrence, en moyenne 30% moins chers que du neuf non reconditionné, mais avec les mêmes garanties : les produits reconditionnés sont des produits électroniques soumis aux mêmes contrôles de qualité que le neuf, après un nettoyage complet et le remplacement de tous les éléments qui ne remplissent pas les exigences des 25 points de contrôles obligatoires. C’est donc un moyen de lutte contre l’obsolescence programmée et la pollution électronique, mais c’est aussi un bon réflexe d’achat pour ne pas se ruiner tout en bénéficiant de produits d’excellente qualité ».

 

Et de plus en plus de consommateurs français l’ont bien compris, car le marché explose : les entreprises de distribution de produits reconditionnés se développent à toute vitesse et embauchent en conséquence… quelques exemples d’enseignes françaises qui se sont structurées et sont devenues incontournables ces dernières années : Back Market, le supermarché français du reconditionné, fondé en 2014 par Thibaud Hug de Larauze et Vianney Vaute, classée start-up française du e-commerce « la plus attractive » en 2019 par le réseau social professionnel Linkedln. Objectif : « devenir numéro 1 mondial des produits reconditionnés », selon ses dirigeants. Ou encore, Aramisauto, filiale dédiée au e-commerce du groupe PSA, et spécialisée dans la revente sur internet de véhicules d’occasion reconditionnés.

 

De deux jeunes fondateurs en 2014, Back Market fait aujourd’hui travailler plus de 150 personnes ; Aramisauto, créé il y a seulement 5 ans, emploie de son côté déjà 120 collaborateurs dans la Drôme et dans son réseau de 30 agences en France. « C’est certain que le secteur du reconditionnement représente une porte de sortie pour la distribution, qui peut, en investissant ce créneau, se renouveler et investir ses moyens sur un marché en devenir, riche de promesse, car il surfe sur une tendance de fond et pas sur un phénomène de mode », explique l’Institut National de l’Economie Circulaire. Back Market affiche par exemple une croissance à 3 chiffres depuis 2017, 220% par an !

 

Un autre français, Recommerce, commence également à se faire une belle place au soleil, 10 ans après sa création, avec une levée de fonds de 50 millions d’euros en janvier 2018 et très récemment, un partenariat avec Free Mobile : « En 2019, les deux tiers des acheteurs français reconnaissent avoir évolué quant à l’idée d’investir dans un Smartphone reconditionné, et disent être prêts à franchir le pas », explique Recommerce.

 

« Certes, le coût d’achat demeure la première justification des consommateurs qui investissent dans un produit reconditionné ; mais la volonté de préserver la planète en offrant une seconde vie à un objet arrive en deuxième motivation. Surtout, les personnes interrogées lors des enquêtes d’opinion sur le sujet précisent bien que ce qu’elles estiment important, c’est le fait de pouvoir acheter du reconditionné auprès de distributeurs professionnels, considérés comme des garants de qualité et de durabilité. C’est pour cela qu’aujourd’hui le reconditionné est un réel moteur de développement de l’emploi dans nos secteurs, et un tremplin incroyable pour l’économie circulaire. C’est aussi un système vertueux, car il est basé sur le principe du gagnant-gagnant. Et c’est valable pour tout : les produits high tech et l’électronique, mais aussi bien les chaussures, les vêtements, l’électroménager ou tout ce qui est mécanique comme les voitures ou les deux roues ».

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