Grande distribution : le boom des produits locaux

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Manger mieux à un prix plus équitable pour les producteurs : oui, c’est possible… les petites marques que l’on trouve désormais dans les rayons des hypermarchés connaissent, à la caisse, un franc succès. Et pour cause : selon un sondage Opinion Way, 93% des Français seraient même prêts à payer plus cher pour acheter des produits, s’ils sont fabriqués dans leur région. 61% disent le faire d’ailleurs régulièrement, et 13% systématiquement. Cette tendance de fond, la grande distribution l’a bien comprise ! Car c’est moins un effet de mode qu’une autre façon de consommer, qui va vraisemblablement s’installer dans la durée. Le client, aujourd’hui, en grande surface, a un œil sur le prix et l’autre sur l’étiquette. Viande, fromage, produits laitiers,  conserves : la provenance oriente de plus en plus le choix des acheteurs.

 

Acheter localement, c’est faire fonctionner l’économie locale, c’est un geste pour son propre environnement, donc on consomme altruiste et en même temps on se favorise soi-même puisqu’on booste la croissance du secteur où on vit, analysent les sociologues et les chercheurs : « Un tiers des Français sont convaincus que les produits issus de leur région représentent un gage de qualité, parce qu’ils pensent que la traçabilité ne peut être que meilleure par rapport à  des produits qui viennent de loin, ça les rassure, ça leur donne un sentiment de transparence et de sécurité, de fiabilité. D’autre part, 24% des acheteurs ont un sentiment un peu chauvin, une fierté liée à leur environnement et à leurs concitoyens régionaux, ils estiment qu’acheter les produits fabriqués dans leur région, c’est adhérer aux valeurs de cette région et les revendiquer, c’est un acte de consommation mais aussi un acte militant, symbolique, une envie de s’engager. C’est aussi la raison pour laquelle ils sont prêts à payer un peu plus cher, parce que ces valeurs n’ont pas de prix. Enfin, il y a l’impression de faire quelque chose de bien pour le tissu économique local, l’emploi, surtout », explique un enquêteur Opinion Way, Institut Français spécialiste des  études marketing-communication et des sondages d’opinion.

 

Autre explication : le développement d’une certaine conscience écologique, chez les consommateurs. Consommer local n’est plus une utopie, c’est devenu possible grâce, notamment, au fait que les grandes surfaces s’y soient mis. Des applications pour smartphone, des sites internet, permettent aujourd’hui d’avoir une liste concrète des marques et des produits de la grande distribution qui correspondent à des productions situées à moins de 250 kilomètres du lieu où l’on vit. « Aujourd’hui, 95 % des Français souhaitent être mieux informés de l’impact des produits de grande consommation sur la planète, tandis que 79% d’entre eux veulent acheter davantage de produits élaborés dans le respect de l’environnement », analyse ainsi l’Observatoire Mes courses pour la Planète. « Les Français, s’ils sont de plus en plus engagés individuellement en faveur d’une consommation responsable, attendent également que d’autres acteurs agissent concrètement en faveur du développement durable ».

 

En première ligne : la grande distribution.  Le dernier baromètre Greenflex sur les Français et la consommation responsable, réalisé avec l’aide de l’ADEME, (l’Agence de l’Energie et de la Maîtrise de l’Environnement), montre que les consommateurs placent les marques de la grande distribution en quatrième place sur le podium des acteurs capables de favoriser le développement d’une consommation favorisant le développement durable et protégeant mieux la planète et ses ressources.  Là encore, les grandes enseignes l’ont assimilé, et prennent des initiatives en ce sens : elles favorisent les produits locaux non seulement pour l’alimentation, mais aussi pour les produits d’hygiène et de la maison. Elles communiquent de mieux en mieux sur leurs RSE (Responsabilités Sociales et Environnementales), affichent haut et clair en rayons leurs choix (marques locales mais aussi, absence de produits chimiques ou nocifs, arrêt des ventes de produits liés à la maltraitance animale (exemple donné par Greenflex : Monoprix et les œufs de poules élevés en batterie, dans des conditions dénoncées par les associations de lutte contre la souffrance animale), etc…).

 

Logiquement, les petits producteurs locaux, bio mais pas que, tirent leur épingle du jeu : ils produisent à échelle humaine (ou animale !), sont dissociés, dans l’esprit du consommateur, des très grands groupes industriels, et polluent moins, en matière d’acheminement des marchandises dans les points de vente, puisqu’ils sont dans le même secteur. Un partenariat vertueux : aujourd’hui les Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises  participent à hauteur de 70% à la hausse des ventes de produits de consommation courante dans les grandes et moyennes surfaces. Les marques de grande distribution cherchent toutes à agrandir leur réseau de producteurs locaux, parce que c’est cela, aussi, qui leur permet de se différencier dans un secteur où la concurrence est redoutable : toutes, ont les mêmes marques nationales en rayons. Mais face à l’engouement de la clientèle pour le local, chacune tente de devenir leader en la matière, au niveau du choix et des gammes de produits. D’autant que les circuits courts sont plus rentables, et leur permettent de rester attractives au niveau des prix pour ces produits là.

 

 

2 réflexions au sujet de « Grande distribution : le boom des produits locaux »

  1. emma

    Bonjour,
    Pourriez vous m’indiquer la source de cette information :  » les Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises participent à hauteur de 70% à la hausse des ventes de produits de consommation courante dans les grandes et moyennes surfaces. »
    Merci beaucoup

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