 En consommateur zappeur avisé que vous êtes, il vous est forcément arrivé d’entrer dans un magasin en vous disant, tiens, celui-ci est particulièrement bien tenu, ou… l’inverse. En professionnel très avisé que vous êtes, vous savez incidemment que l’image donnée par un point de vente est directement proportionnelle à l’implication et à la performance du directeur ou de la directrice de magasin.
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Toutes les directions de magasin ne se valent pas, tant en niveau de responsabilités qu’en termes de rémunération. La taille de l’entité à gérer et le nombre de ses salariés influera considérablement sur l’intérêt du poste. Selon que vous serez en boutique, en magasin de proximité, en supérette, en hard-discount ou en discount non alimentaire, en supermarché, en surface moyenne ou grande de distribution spécialisée ou en hypermarché, vous aurez toujours droit au titre glorifiant de « directeur de magasin ». Or, on le pressent, cette même fonction recouvre des métiers bien différents, car les équipes vont de deux à … plus de mille.
La sémantique nous aide parfois à y voir plus clair. Le poste de responsable de magasin ou de chef de magasin est, sauf rares exceptions, sensiblement moins responsabilisé que celui de directeur de magasin. Le salaire qui va avec itou. Il n’en est pas moins responsabilisant car on demandera au patron du point de vente de remplir les mêmes responsabilités du point de vue juridique et social. Ainsi, vous serez responsable de l’hygiène et de la sécurité et en cas de problèmes, vous aurez à en répondre devant la loi. De même, la responsabilité sociale vous incombera et vous vous retrouverez aux prud’hommes en personne en cas de litige avec un salarié. Vous devrez pour ce faire signer un accord de délégation de pouvoirs qui vous en rendra pleinement et juridiquement responsable.
Cette mesure a d’ailleurs été prise depuis longtemps pour éviter aux dirigeants des sièges sociaux d’avoir à comparaître à chaque infraction du moindre de leurs magasins.
Reste le fond du métier, sans doute l’un des plus passionnants qui soit, après celui de chef d’entreprise à son compte (accessoirement, la distribution permet de conjuguer les deux aspects si vous êtes indépendant ou affilié à un réseau d’indépendants).
L’institut Marcel Fournier, fondé au temps où Carrefour disposait encore de son 1/4 d’heure d’avance, avait choisi comme emblème l’hélicoptère imaginé par Léonard de Vinci. Ceci pour illustrer la double nécessité pour le directeur de magasin, familièrement le « dirlo », d’à la fois s’occuper des points de détails mais aussi de savoir prendre la hauteur nécessaire pour avoir une vue d’ensemble. Le métier quotidien implique de s’occuper par exemple de la propreté du parking, de la surface de vente, de la fraîcheur des salades, du taux de remplissage des rayons, de l’implantation des vis et clous ou de la mise en avant des parapluies lorsqu’il pleut , etc. etc. la liste est quasi infinie et fait que l’ennui ne peut à aucun moment guetter le titulaire du poste.
En même temps, la vision stratégique, la formation et la promotion des collaborateurs, le positionnement concurrence, le management font partie intrinsèque du métier. Certes, selon les enseignes, le niveau de responsabilité demandé pourra varier, c’est pourquoi on ne saurait que trop recommander aux postulants de se renseigner auparavant sur la culture d’entreprise, élément fondamental qui conduit à une forte variation dans l’intérêt du poste de direction de magasin. Reste que l’impulsion donnée à l’équipe, l’ambiance de travail, mieux, la performance économique du point de vente sont en relation directe avec la qualité du patron quel que soit le cas de figure. Si vous vous amusez à juxtaposer dans l’historique d’un magasin les courbes de progression de chiffre d’affaires et de résultat avec les noms des directeurs successifs, vous observerez invariablement une relation directe, souvent avec un petit temps de décalage. Le temps pour les « bons » de rattraper les erreurs des « moins bons » et pour ces derniers de dégrader une situation florissante. Sauf événement externe majeur, il n’y a pas de contre-exemple.
Les poste de directeur de magasin est donc toutes enseignes confondues, un poste majeur, conditionnant la performance de l’entreprise toute entière. Seuls les bons directeurs font les bons magasins et seuls les bons magasins font une bonne enseigne. C’est pourquoi ces dernières privilégient la plupart du temps la promotion interne, garantie de l’assimilation de la culture d’entreprise et de l’acquisition du professionnalisme. C’est souhaitable pour l’efficacité et bénéfique à la motivation. Reste que le recrutement externe est aussi une nécessité compte tenu de la croissance, raison de plus pour choisir les meilleurs.
P.H. |