Prendre la plume pour prendre du recul sur sa carrière. Pascal Gayrard, le directeur général de Metro Cash & Carry France, vient de signer « Itinéraire d’un patron rebelle » chez Stock. Un témoignage de son parcours mais surtout de la réussite de son groupe de distribution.
Au départ cela devait être une interview de Pascal Gayrard. Mais à cause d’un agenda surbooké, ce dernier a finalement décliné notre proposition d’entretien. Dommage, car ce bougnat devenu dirigeant d’une grande entreprise de distribution avait visiblement beaucoup de choses à dire sur le secteur. Qu’à cela ne tienne, nous avons pris le parti d’une « fiche de lecture ».
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Tout commence évidemment par un chapitre sur son enfance de bougnat, « aveyronnais et fier de l’être », monté à Paris avec ses parents pour travailler dans les métiers de la limonade.
C’est donc l’histoire d’un homme que l’on embobine dans des études de mécanique générale qui lui déplaisent. Il les abandonne pour se consacrer à l’accordéon et à la photo. Son diplôme ? « Un diplôme de vie » obtenu en observant « ses parents et tous les artisans de mon quartier Bezons-Victor-Hugo de Courbevoie ».
Aussi, plutôt que de s’appesantir sur ses premières armes dans la grande distribution, il s’emploie au fil des pages à démontrer que même sans diplôme on peut réussir. Et bien réussir. A condition d’être un manager responsable. A savoir « ne jamais sacrifier aux calculs à court terme, aux effets de manche et au culte de la performance à tout prix ».
Ainsi, il raconte comment en 1999, alors qu’il est directeur régional de l’ile de France pour Metro, il va contre vents et marées pour implanter un premier entrepôt parisien au plus près de sa clientèle de commerçants indépendants. « L’histoire me donnera raison, bien au-delà de mes espérances », ajoute-t-il. Dès la première année, ce premier entrepôt grossiste intra-muros est un franc succès.
Après 15 ans, Pascal Gayrard peut alors poursuivre son ascension jusqu’à la plus haute marche de Metro Cash & Carry France. Selon lui l’ascenseur social fonctionne dans la grande distribution. La preuve ! Pour encourager les jeunes à se lancer, à « oser », il consacre alors tout un chapitre de conseils à un jeune manager sur le métier de chef d’entreprise. « Savoir s’entourer », « écouter son bon sens », « se méfier quand tout va bien », « savoir dire non », « définir une stratégie conforme à ses valeurs », … tout y passe. Avec beaucoup de sincérité d’ailleurs.
Mais parfois un peu de naïveté. Comme le souligne Philippe Moati, professeur d’économie à l’université Paris-Diderot et co-président de l’Observatoire société et consommation (Obsoco) dans la préface de l’ouvrage, « je crains toutefois qu’il ne nous parle ici d’un temps en passe d’être révolu. L’ascenseur social du commerce se grippe, rejoignant ainsi une tendance d’ensemble ». Avant de poursuivre sur les raisons de cette panne de l’ascenseur social.
Alors ce parcours de self made man est-il encore reproductible ? Pascal Gayrard veut y croire, nous aussi. Si nous avions pu l’interviewer, nous lui aurions d’ailleurs demandé si son entreprise donnait aujourd’hui réellement sa chance à des jeunes sans formation ou ayant prix un faux départ.
S.L. |