Pour éviter la multiplication des faux avis en ligne destinés à vanter les mérites d’un produit ou d’un service en ligne, une nouvelle norme AFNOR devrait voir le jour d’ici la fin de l’année.
« Un spectacle formidable avec des acteurs fabuleux, à voir de toute urgence », « un produit exceptionnellement rapide, facile d’utilisation… D’un excellent rapport qualité prix ». Qui ne s’est pas un jour interrogé sur ces avis dithyrambiques postés par des consommateurs sur des sites internet marchands, des forums ou des réseaux sociaux. En effet, pour attirer le chaland en vue de booster leurs ventes, certains sites de e-commerce peu scrupuleux n’hésitent pas rédiger (ou à faire rédiger par des sociétés extérieures) de faux avis de consommateurs….évidemment très très positifs.
(suite de la Home Page)
Cette tromperie parfaitement illégale tendrait à se développer selon la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui a d’ailleurs diligenté une étude sur le sujet. Alors pour contrer cette pratique, l’Agence française de normalisation (AFNOR) a décidé de mettre en place une norme. Cette dernière, en cours d’élaboration avec une vingtaine d’acteurs du e-commerce, devrait faciliter l’authentification des commentaires postés.
« Il ne s’agit pas de tout réinventer mais de recenser les bonnes pratiques existantes. Par exemple, retenir des solutions qui permettent de ne pas censurer les avis négatifs. Ou encore faire en sorte que les auteurs d’avis aient une identité numérique », détaille Olivier Gibert, à la communication de l’AFNOR. Cette identité numérique permettrait par exemple aux internautes de consulter tous les avis postés par ce consommateur et d’apprécier la pertinence de ces propos récurrents ou pas. « Au final, cette norme doit améliorer l’identification des consommateurs et la traçabilité des avis », insiste-t-il.
Cette norme devrait être d’application volontaire. Autrement, les sites e-commerce pourraient s’en revendiquer sans même avoir été audités. Donc elle serait peu contraignante. « Si un site affiche qu’il respecte cette norme et qu’au final, il fraude, en cas de contrôle, les autorités compétentes constateraient alors la tromperie et la publicité mensongère », ajoute le représentant de l’AFNOR. Et des poursuites pourraient être engagées.
A ce jour, il reste encore six réunions de travail sur le sujet à l’Afnor. L’occasion pour les parties prenantes de trancher pour ou contre l’éventuelle transformation de la norme en certification. Cette fois, au même titre que la certification NF par exemple, les entreprises devraient être auditées par un organisme tiers pour prétendre à cette certification. Internet étant un marché « worldwide », les participants à l’élaboration de ce recueil de bonnes pratiques réfléchissent également déjà à la transposition à l’international de cette future norme. Donc affaire à suivre !
S.L. |