| Le manager de rayon |
| Une tête bien faite dans un corps jeune |
Parce que l’univers dans lequel ils évoluent est en
constante mutation, les chefs de rayon voient leur tâche se modifier sans
cesse. La sixième édition de l’enquête « Chefs de rayon, qui
êtes-vous ? » permet d’établir un profil type du manager.
Fusions,
mondialisation, rentabilisation, l’univers de la grande distribution est en
constante évolution. Véritables interfaces entre les décisions prises en
centrales et leur application sur le terrain, les managers de rayon doivent eux
aussi continuellement s’adapter.
Linéaires a, pour la sixième fois, cherché à
cerner leur profil type. La dernière étude « Chefs de rayon, qui
êtes-vous ? », menée en mars 2002 est instructive à plusieurs titres.
Jeune, rarement autodidacte, un peu mieux rémunéré, le manager nouveau sent
aussi peser sur ses épaules des responsabilités supplémentaires. 54,8 % des
personnes interrogées le constatent et seuls 10 % se sentent moins
responsabilisés.
Affluence de jeunes loups
60 % des
chefs de rayon ont moins de 35 ans et moins de 10 % dépassent la cinquantaine.
Première conséquence de cette moyenne d’âge, les professionnels ayant une
expérience dans plusieurs rayons sont une denrée rare. Pour 55 % de la
population ciblée par l’enquête Linéaires, il s’agit du premier rayon. Moins de
10 % ont eu la charge d’au moins cinq secteurs consécutivement. Résultat, les
anciens responsables, pour lesquels le business était avant tout une histoire
de flair et d’expérience, laissent peu à peu leur place à des cohortes de
jeunes loups fraîchement diplômés.
Profil privilégié par de nombreuses
enseignes, les « bac + 2 » prennent la deuxième place s’agissant des
viviers de recrutement. Ils représentent 21,4 % de la population étudiée. En
2000, cette proportion atteignait 27,4 %. Mais l’amélioration passagère du
marché de l’emploi est passée par là, détournant les jeunes diplômés de la
grande distribution. Les formations moins longues en ont un peu bénéficié,
excepté les autodidactes. La part des « simples » bacheliers est
ainsi passée de 12,4 à 15,8 %.
Evidemment, la situation est plus contrastée
s’agissant des résultats par enseigne. Les formats les plus friands de grandes
études sont sans conteste les hypermarchés. Auchan notamment, où les diplômes
supérieurs à « Bac + 3 » constituent 50 % de la population. Le groupe
est suivi de Cora (18,8 %) et de Carrefour (11,1 %). Mais ce dernier privilégie
encore nettement les CAP, BEP : 41,7 % de ses équipes d’encadrement en
sont issus. L’enseigne est d’ailleurs proche de son grand rival Leclerc (48,9
%). Mais elle est loin d’atteindre les proportions affichées par certains
supermarchés. Chez Monoprix par exemple, 75 % des chefs de rayon n’ont pas le
bac.
Elodie Martel
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Repères
Méthodologie
L’étude
« Chefs de rayon, qui êtes-vous ? » a été réalisée en mars 2002
par l’institut de sondage IRS. Elle s’est adressée à 613 managers de rayons
alimentaires, de 12 enseignes différentes. Les résultats spécifiques au rayon
liquides seront publiés en juin et juillet 2002, dans Rayon Boissons. Il a été
interrogé autant de responsables boucherie que boulangerie, marée,
fromage/charcuterie, épicerie, frais LS ou encore liquides.
Plus de femmes
Même si la
féminisation de la fonction encadrement est plus lente que dans bien des
domaines, elle n’en demeure pas moins une tendance de fond. Alors que les
femmes représentaient moins de 20 % des effectifs en 2000, elles atteignent
23,8 % en 2002.
Une charge de travail bien acceptée
Selon le
sondage Linéaires/IRS, pour 84,8 % des chefs de rayon, le nombre d’heures de
travail ne constitue pas une gêne. Et dans certains cas, ils ont même du mal à
accepter de rester moins longtemps dans leur magasin. L’obligation de passer
aux 35 heures a fait grincer bien des dents.
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