| Un chef de rayon doit aimer le dialogue |
| Le management prend de l’ampleur |
La dimension managériale du métier de chef de rayon prend
de plus en plus d’ampleur. Pour autant, elle n’est pas toujours bien maîtrisée
et la demande de formation est forte.
Pour 71,5 %
des chefs de rayon, l’encadrement des équipes devient primordial. A tel point
que certaines enseignes les ont gratifiés de noms plus en rapport avec cette
dimension. Chez Géant, par exemple, on ne parle plus que de « managers
commerciaux ». Champion, Carrefour ou Cora ont eux aussi depuis plusieurs
années opté pour le terme « managers ».
Le changement en avait fait
sourire plus d’un mais il a eu le mérite de mettre des mots sur un profond
bouleversement. En effet, rares sont les enseignes où les chefs de rayon
négocient encore en direct l’approvisionnement de leurs linéaires. Les
centrales s’en chargent très bien. De ce fait, les managers ont plus de temps à
consacrer au terrain et aux équipes. Cette présence est devenue indispensable,
surtout à l’heure de la différenciation.
Les points de vente ne peuvent plus se
démarquer par les prix et doivent compter sur le professionnalisme et la
capacité d’accueil de leurs équipes. Qui n’a jamais renoncé à demander un
conseil à une charcutière devant son air renfrogné ? Un magasin peut bien
avoir les meilleurs produits, des prix attractifs et un merchandising parfait,
il ne réalisera jamais d’excellentes performances si son personnel n’est pas à
la hauteur.
Un rôle apprécié mais redouté
Notre rôle peut se résumer en quatre
actions : prévoir, anticiper, faire faire et contrôler », résume
Bernard, manager métier chez Carrefour. Or, s’il est une science inexacte,
c’est bien celle des ressources humaines. « J’ai beau passer 60 à 70 % de
mon temps à gérer mon équipe, j’ai toujours l’impression d’éteindre le feu.
L’anticipation est difficile avec des équipes de moins en moins stables »,
ajoute ce manager.
Bref, l’encadrement est souvent délicat. « C’est de
loin l’aspect de mon métier que je préfère. Réussir à fédérer une équipe autour
d’un objectif commun n’est jamais évident mais passionnant », explique
Vincent K. chez Auchan.
Devant les difficultés, 50,6 % des chefs de rayon
souhaiteraient une formation spécifique. Les jeunes sont les plus
demandeurs : 64,3 % des 25-30 ans réclament une formation contre 20,9 %
des plus de 50 ans.
« Les jeunes ont souvent du mal à s’imposer face à des
équipes anciennes. Et ils manquent de diplomatie. Il faut au moins un an
d’expérience pour se sentir vraiment à l’aise », avance ce chef de groupe
chez Géant. La demande d’explications est également plus forte pour les rayons
traditionnels, boulangerie en tête. Le bon fonctionnement de ces secteurs
nécessite en effet de grosses équipes et induit des contraintes d’amplitude
horaire parfois à la limite de l’ingérable.
Au final, les chefs de rayon ne
sont pas les seuls à dénoncer le caractère aléatoire de la fonction
encadrement. Leurs supérieurs hiérarchiques éprouvent eux aussi une gêne s’agissant
de juger leurs collaborateurs sur cet aspect du métier.
Elodie
Martel
La valeur n’attend pas le nombre des années
|
Taille de l’équipe / Age
|
- de 25 ans
|
26 à 30 ans
|
31 à 35 ans
|
+ de 50 ans
|
|
1 à 2 personnes
|
18.3
%
|
7.6
%
|
8.2
%
|
20.9
%
|
|
3 à 4 personnes
|
26.7
%
|
24.2
%
|
21.8
%
|
25.6
%
|
|
5 à 8 personnes
|
21.7
%
|
32.4
%
|
31.9
%
|
23.3
%
|
|
9 à 15 personnes
|
20.0
%
|
24.9
%
|
24.5
%
|
14.0
%
|
|
Plus
de 15 personnes
|
13.3
%
|
10.8
%
|
13.6
%
|
16.3
%
|
|
Ensemble
|
100.0
%
|
100.0
%
|
100.0
%
|
100.0
%
|
Source : IRS/Linéaires
|